Description du partenariat

1) Définition du partenariat

La création d’un partenariat entre les quatre institutions collégiales concernées par cette demande est nécessaire pour permettre le développement d’une expertise régionale en matière d’intégrisme religieux et de radicalisation. Elle permettra d’effectuer des recherches dans chacune des communautés desservies par les quatre cégeps qui sont stratégiquement situés dans trois lieux différents sur le territoire de la Montérégie. Le Cégep Édouard-Montpetit est situé dans un milieu urbain où il y a une plus grande diversité culturelle et religieuse que dans les milieux plus ruraux des trois autres cégeps situés à Saint-Hyacinthe et Saint-Jean-sur-Richelieu. Cela permettra une variation dans l’échantillonnage lorsque nous ferons des sondages et ouvrira des possibilités de recherche comparative entre des milieux de vie distincts. Chacun des partenaires aura la tâche d’administrer les sondages et les entrevues dans sa communauté et d’offrir une rétroaction au sujet des méthodes de recherche et des outils de vulgarisation qui seront développés en collaboration avec des professeurs-praticiens qui auront le statut de collaborateurs dans chacune des institutions.

2) Contribution des partenaires au leadership intellectuel et expertise du milieu

Dans chacun des trois collèges partenaires, il y aura un ou deux professeurs qui auront le statut de collaborateur au projet. Il s’agit d’Isabelle Giannarelli et Isabelle Cliche au Cégep de Saint-Hyacinthe, de Marc Imbeault au Collège Militaire royal de St-Jean et de Steve Meideros au Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu. Ces professeurs seront intégrés dans la structure de gouvernance de la direction intellectuelle et académique du projet. Dans chacune des institutions, ils vont administrer la recherche, former leurs étudiants pour effectuer certaines tâches relatives à la recherche, compiler les données dans leur milieu et donner une rétroaction du terrain aux co-chercheurs et au chercheur principal. Cette rétroaction permettra de modifier les protocoles et les méthodes de recherche en cours de route et d’ainsi faire évoluer la direction intellectuelle du projet et ses théories sur le sujet des intégrismes et de la radicalisation.

Les trois institutions partenaires possèdent une expertise indéniable par rapport à leur milieu respectif, ils ont été stratégiquement choisis pour couvrir différents territoires au sein de la région québécoise de la Montérégie. Nous tiendrons compte de l’expertise de nos partenaires en intégrant dans la structure de gouvernance intellectuelle quatre professeurs-collaborateurs provenant des trois institutions, ainsi que d’autres professeurs du collégial qui pourront par la suite venir participer aux diverses activités que nous allons organiser avec nos partenaires.

3) Description et défis de la mise sur pied du projet

La préparation de ce projet a permis d’initier les premiers contacts avec des chercheurs et des partenaires très réceptifs au sujet de recherche proposé et au travail en équipe. Cependant plusieurs chercheurs, collaborateurs et partenaires n’ont jamais eu, soit l’occasion de travailler ensemble, soit de développer leur capacité de recherche au collégial. Un des défis de ce projet a été d’anticiper les obstacles de nature organisationnelle en se dotant d’une structure de gouvernance où les rôles sont bien établis en fonction de l’expertise de chacune des personnes impliquées, du temps qu’elles peuvent consacrer au projet et au potentiel d’appropriation et d’utilisation des connaissances dont leurs communautés immédiates pourront bénéficier (étudiants, professionnels de l’éducation, personnel administratif, grand public, etc.) (voir diagramme, page 4 de cette section). L’engagement des partenaires à dégrever les professeurs-collaborateurs des cégeps pour qu’ils puissent participer pleinement à l’activité de recherche est un exemple d’une culture organisationnelle qui prend au sérieux l’innovation et la recherche en encourageant l’autonomie de leurs membres, l’adoption de nouvelles connaissances et l’octroi de ressources pour les appliquer.

La coordination d’une grande équipe de chercheurs spécialistes avec des partenaires provenant de milieux non-universitaires peut représenter deux autres défis, 1) pour le transfert des connaissances et 2) pour le travail collaboratif. Dans le premier cas, nous avons intégré des professeurs-praticiens comme collaborateur dans chacune des institutions-partenaires. Ces professeurs de cégep vont faire le pont entre les chercheurs, les partenaires institutionnels, les étudiants et notre terrain d’investigation. Cela facilitera l’échange et la reconnaissance de savoirs explicites et tacites. Dans le deuxième cas, les membres de l’équipe auront la possibilité de se rencontrer et de se soutenir mutuellement dans chacune des étapes du projet en comptant sur le leadership du directeur du projet.

Des défis au plan de l’organisation de la logistique se posent à cause de la distance géographique. C’est pourquoi plusieurs activités de diffusion de la recherche auront lieu dans chacune des institutions partenaires. Nous avons aussi alloué des ressources pour la création et la gestion d’un site web. Les technologies nous serviront autant à diffuser nos résultats de recherche qu’à entretenir le lien entre les membres de l’équipe. Elles sont indispensables pour accroître la capacité d’assimilation des connaissances de l’équipe, développer sa réputation et augmenter sa visibilité auprès des autres experts et du grand public.

4) Profit pour les partenaires

Pour les trois partenaires, le développement de la recherche en sciences humaines dans les prochaines années fait partie de leur plan stratégique respectif et ceux-ci s’arriment parfaitement avec le plan du Cégep Édouard-Montpetit qui va exactement dans la même direction.

Dans le cas du Cégep de Saint-Hyacinthe, le Plan stratégique 2015-2020 mentionne que le cégep désire «accentuer la recherche appliquée et l’innovation sociale (…) en partenariat avec l’industrie, le milieu et les organismes subventionnaires provinciaux et fédéraux» (Cégep de Saint-Hyacinthe, 2015 : 13). Ce partenariat permettra non seulement au cégep de créer un nouveau réseau de collaboration de recherche en sciences humaines entre ses professeurs, les co-chercheurs universitaires et ceux des trois autres collèges, mais aussi de s’intégrer dans un réseau national de recherche sur l’intégrisme et la radicalisation, le Canadian Network for Research on Terrorism, Security and Society (TSAS). Cette affiliation permettra d’accroître sa capacité à faire des regroupements stratégiques pour être ainsi en mesure d’aller chercher plus de subventions de recherche et d’ainsi maintenir l’engagement des membres de son personnel et de ses étudiants impliqués en recherche. Le Plan Stratégique mentionne aussi que le Cégep veut maintenir en moyenne une dizaine de projets de recherche actifs annuellement au sein de l’institution. Ce partenariat sera donc hautement profitable pour le Cégep de Saint-Hyacinthe puisqu’il répond directement aux grandes orientations du collège en matière de recherche pour les cinq prochaines années.

L’orientation 10 du Plan stratégique du Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu 2013-2018 a pour objectif principal de développer la capacité de recherche du cégep en réalisant « (…) des projets de recherche de nature pédagogique ou disciplinaire d’intérêt national» (Richelieu, 2013 : 29). Le plan mentionne aussi que le cégep désire réaliser un minimum d’au moins cinq projets de recherche pendant cette période. La Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu ayant été victime d’un attentat terroriste perpétré par un québécois islamiste en 2014, le sujet de notre projet répond donc directement à la volonté du cégep d’établir «un plan de réponses spécifiques aux besoins de la région» en matière de recherche. Ce partenariat permettra au cégep de créer un nouveau réseau de collaboration de recherche en sciences humaines entre ses professeurs, les co-chercheurs universitaires et ceux des trois autres collèges. Il permettra aussi au cégep de s’intégrer le Canadian Network for Research on Terrorism, Security and Society (TSAS). Cette affiliation permettra d’accroître sa capacité pour aller par la suite chercher plus de subventions de recherche ainsi maintenir l’engagement des membres de son personnel et de ses étudiants impliqués en recherche. Le projet permettra aussi d’atteindre l’orientation 11 du Plan stratégique en assurant «le rayonnement du cégep sur la scène internationale» puisque notre équipe va publier ses travaux dans des revues internationales et aussi organiser des séances dans des congrès internationaux.

Le Collège Militaire royal de St-Jean (CMRSJ) désire augmenter sa capacité de recherche pour éventuellement obtenir un statut universitaire et développer un «pôle interdisciplinaire de recherches sur le contre-terrorisme». L’intérêt pour la thématique du projet est en lien direct avec la mission d’enseignement et de recherche du collège, à un point tel que l’institution sera l’hôte en mars 2016 d’un colloque sur le terrorisme islamique. L’expertise de terrain unique du collège en matière de radicalisation sera mise au service des recherches menées en collaboration avec les co-chercheurs et le chercheur principal. Ce partenariat permettra au collège de créer un réseau de collaboration de recherche en sciences humaines entre ses professeurs, les co-chercheurs universitaires et ceux des trois autres collèges. En s’intégrant dans le Canadian Network for Research on Terrorism, Security and Society (TSAS), le CMRSJ se donne les outils nécessaires pour créer «un centre de recherches sur le contre-terrorisme regroupant des spécialistes en sciences humaines (…)» comme le mentionne leur plan d’orientations en matière de recherche (CMRSJ, 2014 : 7).

Structure de gouvernance du projet

La structure de gouvernance du projet (telle qu’illustrée dans le diagramme à la page 4 de cette section) est bicéphale, c’est-à-dire que la direction administrative du projet sera assurée par Lise Maisonneuve, directrice adjointe à la direction générale et au développement institutionnel et de la recherche au Cégep Édouard-Montpetit, alors que la direction intellectuelle sera prise en charge par Martin Geoffroy, professeur-chercheur en sociologie au même cégep. Au niveau administratif, Lise Maisonneuve présidera un conseil d’administration qui aura trois autres membres, soit Libérata Mukarugaki, Marc Imbeault et Marc Leclerc. Dans le cas de la direction intellectuelle du projet, le directeur aura l’appui d’un adjoint qui va assurer la coordination et la logistique entre le directeur, les co-chercheurs et les collaborateurs. Les co-chercheurs vont diriger les étudiants de 2e et 3e cycles et les collaborateurs ceux du collégial. Le directeur du projet va superviser l’ensemble des étudiants affiliés au projet.

Structure