Siegfried Louis Mathelet est docteur en philosophie, diplômé de l’Université du Québec à Montréal (Canada) et de l’Université Catholique de Louvain (Belgique). Sa thèse intitulée Perception et normes sociales offre une critique de la pragmatique universelle à partir de considérations phénoménologiques. Ses recherches postdoctorales ont portée d’abord sur le philosophe autrichien Franz Brentano, sur les deux Écoles autrichiennes des valeurs, puis sur le fondement du monde social chez le philosophe américain John Searle

Depuis 2013, il développe un intérêt de recherche pour l’islamophobie, la montée des populismes de droite et les nouveaux discours sur la laïcité. Entre 2015 et 2017, il fut coordinateur des activités scientifiques à la Chaire UNESCO d’étude des fondements philosophiques de la justice et de la société démocratique (UQAM), où il fut responsable d’un Programme de recherche et de formation sur la radicalisation, le fondamentalisme et l’islamophobie. Dans ce cadre, ses recherches ont porté sur la façon dont ces phénomènes interrogent les fondements philosophiques de la modernité politique et juridique que sont les idées-force d’Égalité, de Liberté et de Fraternité – ce dernier terme étant pris au sens du lien fondateur de la Nation

Ses intérêts actuels portent sur l’histoire, la théorie et les idées ou idéologies de l’extrême droite, ainsi que sur les distinctions entre ses différentes familles. Ce travail amorcé au CEFIR dans un esprit interdisciplinaire se veut une contribution visant la compréhension de la réémergence actuelle de l’extrême droite au Québec et, surtout, des relations que son corpus idéologique peut entretenir avec celui d’autres courants ou familles politiques, ainsi qu’avec l’idéologie dominante ou, plus précisément, avec la culture politique ambiante.

Ce travail s’inscrit dans une réflexion philosophique et théorique plus large visant l’intégration, par une approche phénoménologique, du rôle des affects, passions et émotions dans une théorie de l’idéologie adjointe d’une approche dite néo-spinoziste de formation des groupes politiques par captation desdits affects.