Le CEFIR du Cégep Édouard-Montpetit a obtenu le 15 mars 2020 une subvention de 360 000$ de la part du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) pour la réalisation du projet Pratique religieuse dans les cégeps : nouvelles avenues pour une meilleure intégration, dans le cadre du Fonds d’innovation sociale destiné aux collèges et aux communautés. Ce projet d’une durée de 3 ans (2020-2023) vise à répertorier les méthodes utilisées dans l’ensemble des cégeps pour gérer les pratiques religieuses dans la communauté collégiale et de tester des approches nouvelles au Cégep Édouard-Montpetit, autant dans la vie étudiante que dans le cadre des cours.

Le projet part du constat que, bien que les milieux collégiaux soient très ouverts et que l’intégration de tous et toutes fasse partie des valeurs centrales du réseau, il existe toutefois un malaise autour de la pratique religieuse. Ainsi, alors qu’une majorité des étudiant.e.s et de membres du personnel n’est pas croyante, il existe tout de même une portion significative d’étudiant.e.s pour qui la foi constitue un élément central de leur vie. Les débats autour de la laïcité, de l’immigration et de l’identité ont contribué à charger la question religieuse de tensions, dans un contexte où la majorité des jeunes connaît très mal les religions, ce qui accentue les incompréhensions. Le CEFIR vise donc à trouver de nouvelles façons de désamorcer ces tensions en diffusant les connaissances sur les religions et en créant des espaces d’échange autour de la question religieuse. Des activités pédagogiques, une semaine thématique ainsi qu’un colloque étudiant sur la religion sont notamment prévus.

Louis Audet Gosselin, directeur adjoint du CEFIR, agit comme chercheur principal du projet. Il sera accompagné par la co-chercheuse Annie Nantel, professeure en anthropologie et responsable de la Boussole interculturelle du Cégep Édouard-Montpetit, ainsi que les co-chercheurs Martin Latreille, professeur en anthropologie et Martin Geoffroy, directeur du CEFIR et professeur en sociologie. Le projet est mené en partenariat avec le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, la Fédération des Cégeps et la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent. Cette dernière contribuera en outre par l’évaluation des activités mises en place, afin de vérifier leur efficacité et de maximiser leur efficacité dans le but de les pérenniser.

Depuis le mois de mars dernier, l’équipe du CEFIR poursuit ses travaux à distance. Bien que nous ayons très hâte de retrouver nos collègues en personne et de mener des activités de recherche et de formation en personne, il est primordial de s’assurer que la situation soit parfaitement sécuritaire pour relancer les activités en personne. Ainsi, ce projet sera aménagé afin de faire face à la situation, en faisant dans un premier temps des entretiens à distance et en privilégiant la recherche documentaire avant de lancer, lorsque les circonstances le permettront, les recherches et les activités en personne. Malgré le stress causé par la pandémie, les contraintes permettent de mettre en place des méthodes de travail créatives qui pourront transformer nos façons de faire dans les années à venir.